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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 06:48

 

Avec Le Bouclier  d’Eros,

vivez le récit d’une trépidante tragédie de l’ennui !

 

LE BOUCLIER D'EROS

Editeur :

 

Lettres du Monde (Paris)

 

Genre :

 

roman

 

Parution :

 

avril 2012

 

Pagination : 132

Prix public : 20 €

 

par Florent Machabert

***

 

 

Florent Machabert

  diplômé de l’EDHEC

  originaire de Haute-Loire (Auvergne)

  écrivain, essayiste et poète

  consultant en développement économique et culturel

  chargé d’enseignement en management de projet

 

Après

L’Esthète des Lenteurs  en 2008 et Le Clan des Franciliens  en 2010, Florent Machabert quitte, avec ce premier roman, les sentiers balisés de l’essai politique et du récit de voyage. Sa plume, toujours alerte, sa lan-gue, juste et sensible, son style, ouvertement poétique, confinent à l’élégance littéraire, ressemblant en cela à la destinée conjugale d’Eva Bélasire et de Dorian de Montalembert, véritables ‘‘aristocrates de l’esprit’’, dont l’auteur raconte l’incroyable trajectoire sentimentale, nous faisant voyager de Lausanne à Santa Rosa en Argentine, en passant par La Rochelle et enfin Rome, ville de splendeur autant que de misère, où le lecteur veillera à ne point prendre goût à la vénéneuse dolce vita 

 

 

l’extrait

 

« Resserrant mon noeud de cravate d’un geste machinal, je levai les yeux au ciel comme pour demander grâce à tous ceux qui le peuplent depuis la nuit des temps et croisai le regard d’Eva en rabaissant la tête. Naguère pleins d’idéaux, nous n’admettions pas d’être devenus les objets d’amusement du commun des mortels. Nous voulions à nouveau sur le monde déployer nos ailes de géants.

- Eva, à moins d’être complètement insensible ; à moins d’être indifférent au monde et de n’avoir pour lui aucune curiosité, la vie est grave et sans espoir. Et si la vie nous apparaît aussi vide, aussi désespérément vide, corsetée par les conventions sociales, croulant sous le poids des usages à connaître, c’est que jamais, pour la plupart, nous n’aurons le courage d’accéder au désespoir, à ses trésors cachés et à ses privilèges. Il figure encore trop peu parmi nous de princes des solitudes capables de traverser en chantant le miroir des menson-ges. Ne rien exclure, Eva, c’est cela aller au bout de sa propre vie.

Tandis que je lui parlais, ses yeux étaient devenus brillants.

J’étais intimement convaincu que j’allais enfin être un peu moins tourmenté et un peu plus heureux chaque jour, parce que chaque jour me rapprocherait de la maturité, flétrissant davantage ma peau, trop lisse, de trentenaire. Chaque jour qui passait m’accorderait un peu plus avec ce que mon âme logeait au fond d’elle-même, et, en apaisant les dernières hésitations de la chair, en étouffant enfin les tendances égoïstes du corps, me rendrait plus fiable, crédible et légitime, pour porter les fardeaux et réaliser les projets que je revendiquais depuis que j’étais tombé du berceau.

L’espérance serait violente et le chemin de la vie long et terriblement difficile.

Mais nous allions le parcourir ensemble. »

 

 

 

 

 

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